UBATS-HORSPISTES

Esquieze

Fut réuni à Seres en 1846. mais les deux villages ont conservé leurs églises :

 

 

Eglise St Nicolas à Esquièze

L’église de ce village était connue au début du 14e siècle et déjà consacrée à Saint Nicolas. L’édifice initial était plus modeste, composé d’une simple nef avec un clocher semblable à ceux de ses sœurs de la Vallée, mais depuis, il a sensiblement  été modifié, vers le 15e siècle d’abord, une tour  carrée a été accolée à la nef primitive . Haute de quatre niveaux, son étage supérieur comporte cinq emplacements pour cloches et ses diverses ouvertures ont une forme gothique si on observe ses arcs brisés ou trilobés.

Par la suite et dans les années 1650, une chapelle latérale a été adjointe à la nef initiale à la suite d’un vœu, motivé par l’épidémie de peste qui ravagea la région à l’époque. Enfin d’autres modifications notables sont intervenues au milieu du 19e siècle lors de la fusion des villages d’Esquièze et de Sère. Deux chapelles latérales ont alors été accolées à la nef initiale lui donnant ainsi  la forme d’une croix latine, cependant que la nef était aussi  agrandie pour la raison, invoquée à l’époque ,de l’arrivée des habitants de  Sère.

A l’intérieur, l'église est voutée par un plafond en bois peint et, sur  les parois, on  peut admirer une grande toile sur la crucifixion  ni datée ni signée : elle parait néanmoins  vieille de plusieurs siècles. Une autre tableau classé a pour thème le baptême de Saint Clotilde : il s’agit d'une copie d'une œuvre du peintre.

 Toujours dans la nef et face au portail d’accès est visible  un beau retable du 18éme dédié aux Ames du Purgatoire, thème aussi rare que curieux. Sur les fonds baptismaux a été scellé un vestige dont l’origine demeure inconnue mais dont l’ancienneté remonte au Moyen-âge : il s’agit d’une pierre grossièrement sculptée représentant un personnage énigmatique a été installée : certains l’identifient comme Saint Jean-Baptiste

Le chœur est dominé par un imposant retable qui occupe toute la hauteur de la nef.  De style baroque, c’est une œuvre du milieu du 18e siècle. On peut y admirer entourant le tabernacle, une série de beaux candélabres tripodes en bois doré.

 

 Aux niveau supérieur,  des personnages, sculptures sur bois, dorées et grandeur nature, représentent Saint-Nicolas en évêque et , dans deux encadrements  latéraux formés de colonnes torsadées, les apôtres  Pierre et Paul. A l’attique, trônent le Saint-Esprit sous la forme d’une colombe et Dieu le père apparaissant dans les nuages. Le retable est encore décoré d’angelots, de guirlandes et  de frises avec dorures ou peintures polychromes.      

               Par ailleurs, l’église se caractérise par plusieurs références au sanctuaire d’Héas concrétisées par la présence d’une madone ancienne en bois polychrome vénérée sous le vocable de N. D. de Héas et une bannière de processions consacrée à cette image, cela s’expliquant par les liens existants dans le passé entre ce  site et la paroisse d’Esquièze.

L’église est classée à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques et a fait l’objet, vers l’an 2000 et à l’initiative de la municipalité, de la rénovations des peintures des intérieures et de la restauration des deux toiles murales

 

 

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Article de DH Laffond paru dans l'Echo des Gaves N° 45 (Mars 2018)

 

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et cet article de Jean OMNES in FB 16/08/2020

L'EGLISE D’ESQUIEZE

Église romane du XIIIe siècle dédiée à saint Nicolas, au massif clocher-tour de 18 mètres à quatre niveaux, du XVe siècle à arcades et en pierres apparentes. Postérieur à l'église romane, contre laquelle il est adossé, le clocher aurait été construit par le seigneur local. ll abrite deux cloches, la plus petite, date pense-t-on de 1822, en remplacement de l'ancienne fêlée ; la plus grande, à droite, serait antérieure à 1860. La première a été fondue par l'atelier Frédéric Dupont à Tarbes et la seconde par l'atelier Lavigne.
Une pierre en réemploi, d’origine romane, présentant un Christ très fruste, bénissant, de la main droite et portant l’agneau pascal dans un nimbe crucifère, de l'autre main, se trouvait jusqu'en l'an 2000, scellé au premier étage de la façade Est de la tour. Par crainte de vol, il a été déplacé et se trouve maintenant au -dessus des fonts baptismaux. Certains érudits y voient Jean Baptiste.
Le linteau de la porte principale a disparu. Un linteau est exposé sur une maison particulière du village, on peut penser que c'est celui de l'église, enlevé lors de travaux. Il est composé d'un petit chrisme encadré, à gauche, par deux oiseaux buvant dans un calice et symbolisant l'immortalité et à droite par un décor géométrique (1). Le tout est décoré de rosaces, arcatures, rinceaux de palmettes et billettes.
L'entrée gothique de la tour du XVe siècle qui donne accès à la partie basse de l'édifice et à la tour, a été souvent considérée à tort comme celle des Cagots. Ils ne pouvaient bénéficier du blason qui se trouve au-dessus. Blason avec deux étoiles, la partie centrale ayant été bûchée. Pour Dominique Laffont érudit du village, il s'agirait probablement du lieu de sépulture de la famille Montblanc dont les membres, seigneurs locaux et abbés laïques, avaient leur domec à l'emplacement du cimetière actuel, d'où le nom attribué à ce rez-de-chaussée : "le caveau". Il communique au niveau supérieur avec la sacristie par un escalier (2).
À droite de l'entrée se trouvait un bénitier sculpté, marqué de la fleur de lys et daté de 1610. Il a été volé en 1995. Seules subsistent les attaches en fer.
Le porche ou portàu serait plutôt l'entrée du domaine seigneurial des Montblanc et non celui de l'église, vu son importance.

(1) Laure Latanne-Bey, le Bestiaire médiéval. Ils rappellent ceux du linteau de l'église de Vizos.
(2) SESV de 2001, article et conférences de Dominique Laffont sur l'église. Dominique est spécialiste des églises du pays toy et nous offre de temps en temps des conférences sur ces églises proches de son domicile.
Le chrisme probablement de cette église, se trouve au-dessus de la porte d'une maison particulière du village. Les deux volatiles buvant dans un calice, symboliserait, d'après Laure Latanne-Bey, l'immortalité de l'âme.


Méditation sur une toile de la crucifixion. (article de Dominique-henri LAFFONT pour l'Echo des Gaves Mars 2021)

 

            La Semaine Sainte qui s'annonce peut être le moment d'une méditation, à partir d'une œuvre picturale sur la passion du Christ thème qui est le centre de l'art religieux. A cette fin il est possible de se référer à un grand tableau de  l'église Saint-Nicolas d'Esquièze lequel  commémore  un épisode de cette page d'évangile et plus précisément les derniers instants du Crucifié. Le peintre nous montre le Christ en Croix, portant la couronne d'épines et entouré, à sa droite, de Marie sa mère et, à sa gauche, de Saint-Jean et de Sainte Marie-Madeleine. Dans son récit de la passion,  Saint-Jean précise «Auprès la Croix de Jésus, se tenaient sa mère , la sœur de sa mère,  Marie, femme Clopas et Marie-Madeleine » et la scène reproduite paraît  se situer après les dernières et célèbres paroles du Christ sur la Croix : «Femme voila ton fils, ensuite au disciple,  voilà ta mère». (Jn., 19 -  52-27)

            La Mère portant le manteau, traditionnellement de couleur bleu sur un vêtement rouge,  ouvre devant  son fils torturé ses bras en un geste  de douleur et de vénération ou d'acceptation.  En face,  Saint-Jean qui se définit lui-même dans cet Évangile  comme «le disciple que Jésus aimait» est vu de profil avec une expression de désespoir et sa main droite sur le cœur. La troisième personne, Marie-Madeleine, vêtue d' un manteau clair est  aux pieds de la croix, une main posée sur une cuisse du Crucifié cependant que l'autre semble vouloir protéger ses pieds retenus par les clous. Ses cheveux longs rappellent la femme qui à Béthanie avait arrosé ces pieds d'un  parfum qu'elle avait ensuite séché avec sa chevelure.


          
 La scène se concentre de façon détaillée  sur ces trois personnes et fait silence sur l' environnement d'alors au Golgotha  et, notamment, sur les soldats qui  se partageaient la tunique sans couture  ni celui qui après la mort au lieu de lui rompre les jambes, « lui perça le côté de sa lance et il en sortit du sang et de l'eau.» (Jn. précité). L'auteur n'a pas peint ce détail, la scène se situant avant cet épisode. Enfin ne sont pas non plus représentés Joseph d'Arimathie «qui était le disciple de Jésus » et qui avait obtenu de Pilate la remise du corps de Jésus ainsi que Nicodème  qui apportait des linges et des aromates.

 

 

 

 Historique de la toile d'Esquièze

            Le tableau occupe  toute la paroi, côté droit, de la nef de l'église d'Esquièze ; ses dimensions sont importantes  157  x 225 cm et il  est peint sur trois lés. Il  a été restauré en l'an 2000 par le Centre de Conservation et Restauration artistique  de Gaillac (81 600).  L'œuvre a été inscrite sur l'inventaire supplémentaire à la liste des objets mobiliers classés monuments historiques,  par arrêté préfectoral du 5 janvier 2000.

            L'origine de l'œuvre est inconnue,  n'étant ni datée ni signée. Certains, en particulier le restaurateur,  la font remonter à une période antérieure au XVIII e en raison de l'existence de plusieurs lés utilisées par le peintre. Par ailleurs,  une influence espagnole est perceptible eu égard aux  traits des sujets ou le fond sombre de la scène, influence  plausible eu égard aux  relations existant  à l'époque entre les deux versants des Pyrénées. 

            Enfin, l'emplacement actuel de la toile  ne paraît avoir été retenu qu'au cours du XVIIIe  car   le tableau, vu le thème que nous avons analysé, devait être initialement placé sur le retable de l'autel central puis dut être déplacé pour permettre l'installation du retable actuel dédié à Saint-Nicolas et réalisé  à cette époque. Pour leur part, les restaurateurs notent « Cette toile située dans la nef est visiblement une toile de chœur».

 

D.H.L  janvier 2021

 

Peut être une image de 2 personnes

EGLISE SAINT-NICOLAS D’ESQUIEZE
Peinture de la crucifixion.
Il s'agit d'une grande toile probablement de chœur (1) d'inspiration espagnole de 2, 25 m X 1, 60 m., que l'on pense être, par sa facture, du XVIIe siècle, avec ses fonds sombres (2) et ses lés variés. Le Christ est entouré par Marie à gauche, dans son manteau bleu comme le veut la tradition. Sa gestuelle évoque la douleur et le désespoir. Marie-Madeleine est agenouillée à droite. C’est elle, avec sa longue chevelure qui avait lavé à Béthanie, les pieds de Jésus avec un parfum rare et les avait essuyés avec sa chevelure. Jean, l’ami de Jésus, au fond, de profil, semble bouleversé. Cette toile a été restaurée en 2 000, après avoir été inscrite la même année, sur l’inventaire supplémentaire à la liste des objets mobiliers classés monuments historiques, et ce, par arrêté préfectoral.
(1) A la place du retable actuel ; avis partagé par Dominique Laffont d’
(2) Les moines espagnols lors de la « Conquista » en Amérique latine appliquèrent cette mode de peinture au fond sombre, souvent dans les bruns.

par J. Omnes (in FB 7Avril2021)

 

 

 

 

Dernière mise à jour : 07 avril 2021